Mort de Mélinda Varga : un drame intolérable

Les expulsions sans solution  de logement digne et pérenne doivent cesser !

Mélinda Varga avait 14 ans. Mercredi 7 septembre, elle est morte électrocutée dans un logement squatté par sa famille. Elle est morte faute de disposer d’un logement digne.

Nous tenons à exprimer notre peine à la famille et aux amis de Mélinda.

Nous venons d’apprendre l’expulsion des familles qui logeaient dans le logement squatté du 62 rue des Alliés, celui que Melinda habitait avec sa famille. C’est inacceptable. Le drame de la semaine dernière n’aura donc provoqué aucune émotion, aucune reflexion, suscité la moindre retenue ? Comment admettre qu’en 2016, dans un pays riche comme la France, alors que le droit au logement est inscrit dans la Constitution et dans la loi, une jeune fille puisse mourir du mal-logement, sa famille étant dans la détresse après de multiples errances et expulsions, les dernières en date, avant celle de ce matin rue des Alliés étant Esmonin et Flaubert à Grenoble ?

La mort de Mélinda n’est pas le résultat d’un dramatique concours de circonstances. C’est le résultat d’un monde qui va mal. En 2016, la France est le 3e pays mondial pour le versement des dividendes, et le patronat reçoit des dizaines de milliards d’argent public. Mais dès qu’il s’agit de répondre aux besoins de la population, le pouvoir en place et la droite flanquée de l’extrême-droite nous disent « austérité », cultivent la peur de l’étranger et désignent les boucs émissaires. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une politique de justice sociale et de redistribution des richesses.

L’Etat est le premier responsable de ce drame. Le conseil d’Etat vient de rappeler (décision du 13 juillet 2016) que « c’est l’État qui a la charge d’assurer à toute personne sans-abri et en situation de détresse médicale, psychique ou sociale un hébergement d’urgence ». La France a les moyens d’assurer le droit à un logement digne à tous ses habitants.

Mais dire la responsabilité première de l’Etat ne peut pas exonérer le Département, la Métro et les communes de leurs responsabilités propres. Certaines communes en France vont de l’avant et tentent de relever le défi d’accueillir dignement les migrants, comme Grande Synthe ou Paris. Grenoble et surtout la Métro doivent à leur tour essayer de faire de même, afin d’éviter de nouveaux drames.

Dans l’immédiat, les expulsions sans solution de logement digne et pérenne doivent cesser.

Ensemble!38, le 13 septembre 2016
Comité Local Ensemble! Isère, contact@ensemble-isere.org

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